Le cabinet du premier ministre Le processus de nomination – Les normes éthiques

Période des Questions

Période des Questions: Le processus de nomination—Les normes éthiques

Senator Jane Cordy

30 mai 2013

L'honorable Jane Cordy : Honorables sénateurs, les Canadiens s'inquiètent de plus en plus de ce qu'ils considèrent comme un nombre toujours croissant de décisions douteuses du gouvernement Harper. Cette semaine, au Panama, la police a arrêté Arthur Porter. Il est actuellement en prison. Il y a à peine deux ans, M. Porter exerçait les fonctions de président du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité à la demande du premier ministre. Il y a quelque temps, des accusations au criminel ont été portées contre Bruce Carson, l'ancien chef de cabinet intérimaire du premier ministre. Maintenant, c'est le chef de cabinet le plus récent, Nigel Wright, qui démissionne. Dans le National Post de ce matin, la rubrique d'Andrew Coyne portait le titre suivant : « Le code moral des conservateurs est remis en question ». D'après M. Coyne, le gouvernement, à ses plus hauts niveaux, manifeste ce qu'il a appelé « une culture d'opportunisme ». Il a ajouté : C'est tout le code moral du présent gouvernement qui est remis en question. Aux dires de tout le monde, Nigel Wright est un homme accompli et digne d'admiration. David Frum a dit ceci de lui : Je connais Nigel Wright depuis le milieu des années 1980. Je ne peux penser à personne dans le monde politique des États- Unis, du Royaume-Uni et du Canada qui soit plus digne d'admiration. Personnellement, je n'ai jamais rencontré Nigel Wright, mais j'ai entendu beaucoup de choses positives à son sujet. Si un homme aussi estimé que lui n'a pas pu supporter la culture politique de tromperie et d'opportunisme qui semble régner au Cabinet du premier ministre, le gouvernement envisage-t-il de réviser ses propres normes éthiques et d'améliorer la façon dont ces normes sont transmises à ceux qui travaillent dans ses bureaux politiques? L'honorable Marjory LeBreton (leader du gouvernement) : Honorables sénateurs, je n'ai pas de commentaires à formuler sur les écrits d'Andrew Coyne. C'est son point de vue, que je ne partage pas nécessairement, ce qui ne surprendra personne. Pour revenir au Dr Porter, il était, lors de sa nomination, un citoyen exceptionnel hautement considéré et recherché. Bien sûr, il a quitté depuis longtemps le poste qu'il occupait. Les événements dans lesquels il est actuellement impliqué sont absolument sans rapport avec ce poste qu'il a occupé dans le passé et qu'il n'occupe évidemment plus. Pour ce qui est des différents autres cas mentionnés par la sénatrice, je pourrais citer beaucoup de gens — mais je ne le ferai pas parce que je ne veux pas aborder cette question pour le moment — d'autres régimes politiques qui ont eu des difficultés. Il appartient aux tribunaux de se prononcer. En ce qui concerne M. Nigel Wright, comme David Frum, je le connais depuis le milieu des années 1980. Je sais que c'est un homme exceptionnel, fort intelligent et profondément humain. Si vous saviez tout le travail qu'il fait pour de bonnes causes et tout l'argent qu'il consacre à des œuvres de bienfaisance, vous diriez aussi que c'est une personne exceptionnelle. Il se trouve que c'est ce qui est arrivé. Je sais que vous n'aimerez pas cette réponse, mais c'est Nigel Wright qui a pris de sa propre initiative la décision d'aider le sénateur Duffy dans ses efforts visant à rembourser les contribuables. De toute évidence, c'était une erreur. Il a reconnu que c'était une erreur et a dit qu'il coopérerait pleinement avec quiconque examinerait cette affaire, y compris la commissaire à l'éthique. Parce qu'il est tellement remarquable, je ne doute pas que Nigel Wright sera tout à fait honnête avec ceux qui sont chargés d'enquêter sur l'affaire. Le fait est qu'il a pris cette décision. Comme je l'ai dit en public, j'ai été témoin de situations de ce genre. Il est intéressant de constater que des gens de l'autre bord qui avaient travaillé pour les premiers ministres libéraux ont dit la même chose. Ils peuvent comprendre ce qui s'est passé. Bien entendu, ils ne pensent pas qu'il a bien agi. C'est évident, mais ils peuvent comprendre la situation. C'était une erreur. Il l'a lui-même reconnu. C'est ce qui s'est passé. Nigel Wright est un homme tout à fait remarquable, au sens de l'éthique irréprochable. Je suis donc tout à fait sûre qu'il dira tout ce qu'il sait et sera parfaitement honnête lorsqu'il répondra aux autorités chargées de l'enquête, quelles qu'elles soient. La sénatrice Cordy : Ces exemples dont nous sommes témoins de plus en plus souvent nous amènent certainement à nous poser des questions sur le jugement dont le premier ministre fait preuve en choisissant les gens qui ont été nommés. Je suis sûre que nous avons tous reçu cette semaine des centaines et des centaines de courriels à ce sujet. Quelqu'un m'a envoyé un message dans lequel il citait sir Walter Scott, qui avait dit : « Oh, quel écheveau nous tissons quand nous commençons à tromper les autres. » Il semble que, encore et toujours, le gouvernement Harper a pour tactique de nier, de minimiser les faits, puis de contre-attaquer, qu'il s'agisse des libéraux et des néo-démocrates à la Chambre des communes ou des libéraux et des indépendants, de notre côté du Parlement. Quand le gouvernement Harper changera-t-il d'attitude, quand deviendra-t-il plus ouvert et transparent? Lorsque des problèmes surviennent, au lieu de les nier et de les minimiser, quand se décidera-t-il à agir immédiatement? La sénatrice LeBreton : Tout d'abord, sénatrice Cordy, le premier ministre n'a pas nié. Il a dit la vérité. Je sais qu'il est difficile pour vous de l'accepter, mais il se trouve que c'est la vérité. Je suis sûre que vous ne souhaitez pas que je me lance dans un débat avec vous au sujet de l'éthique. Dois-je rappeler qu'un premier ministre a vendu son club de golf en catimini et a fait pression auprès de la Banque de développement du Canada? N'oublions pas non plus que le scandale des commandites a pris sa source au Cabinet du premier ministre en question et que nous cherchons encore les 40 millions de dollars qui sont disparus.