Femmes du Cap-Breton : Mme Clotilda Adessa Yakimchuk, C.M.

Discours

24 novembre 2011

L'honorable Jane Cordy : Honorables sénateurs, je suis très heureuse aujourd'hui de poursuivre ma série sur les femmes fortes du Cap-Breton. On ne peut s'empêcher d'admirer une personne qui tente sincèrement d'améliorer sa vie et celle d'êtres chers, et qui a un plan pour y parvenir. Il y a des personnes vraiment exceptionnelles qui peuvent examiner leur situation et qui, lorsqu'elles se rendent compte qu'elles n'ont pas les moyens de changer leur plan, s'efforcent plutôt de changer leur situation et de déclencher des changements qui avantageront la population en général, ainsi que les générations à venir. Clotilda Yakimchuk est l'une de ces personnes. Elle est née et a grandi à Whitney Pier, en Nouvelle-Écosse. Elle est la fille d'immigrants des Caraïbes, qui sont venus au Cap- Breton pour travailler dans l'aciérie. En 1954, Clotilda est devenue la première diplômée noire de la Nova Scotia Hospital School of Nursing, malgré les nombreux obstacles et problèmes de discrimination qu'elle a dû surmonter. Lorsqu'elle parle de sa profession, elle dit que personne ne l'a inspirée à devenir infirmière. Elle savait tout simplement qu'elle voulait exercer ce métier. Après avoir obtenu son diplôme, elle a déménagé à la Grenade avec son premier mari où elle a géré un hôpital psychiatrique. En 1967, elle est revenue au Canada, où elle a accepté un poste d'infirmière de chevet à l'hôpital de la ville de Sidney. Elle est plus tard devenue surveillante des soins infirmiers, puis directrice du développement du personnel à l'hôpital du Cap-Breton. C'est là qu'elle a été directrice des services éducatifs jusqu'à ce qu'elle prenne sa retraite en 1994. Tout au long de sa carrière, Mme Yakimchuk a fait montre d'un engagement incroyable et d'une grande passion pour son travail. Elle a été présidente de la l'association des infirmières de la Nouvelle-Écosse, qui s'appelle maintenant l'ordre des infirmières et infirmiers de la Nouvelle- Écosse. À ce jour, elle a été la seule présidente de race noire de l'organisme, qui a 100 ans. Tout en poursuivant sa carrière et en élevant seule ses cinq enfants, Clotilda a acquis la réputation d'une militante au sein de sa collectivité, ce qu'elle est toujours. Elle a été présidente fondatrice de la Black Community Development Organization et a organisé un mouvement en faveur de logements abordables pour les groupes à faible revenu. Elle est aussi une ardente promotrice de l'Université du Cap-Breton et a joué un rôle majeur dans la campagne visant à obtenir que l'université offre son propre diplôme en soins infirmiers. En mai 2010, l'université à accordé à Mme Yakimchuk, alors âgée de 78 ans, un doctorat honorifique en droit, dans le cadre de la collation des grades des diplômés du programme de soins infirmiers qu'elle avait contribué à faire établir. En 1991, elle a reçu le prix national Harry Jerome en reconnaissance de ses réalisations culturelles et communautaires. Elle a aussi reçu le prix de distinction du centenaire de l'ordre des infirmières et infirmiers de la Nouvelle-Écosse, de même qu'un diplôme honoraire du collège communautaire de la Nouvelle-Écosse. Clotilda a reçu l'Ordre du Canada en 2003 et elle a été intronisée au temple de la renommée des Noirs de la Nouvelle-Écosse. Honorables sénateurs, il est évident que Clotilda Yakimchuk est une pionnière remarquable. Nous avons besoin de plus de gens comme elle, qui ne se contentent pas de dénoncer les problèmes, mais qui y apportent des solutions. Honorables sénateurs, j'ai hâte de vous en dire davantage sur la vie des femmes du Cap-Breton qui ont apporté d'énormes contributions à leurs collectivités.