La tragédie d’Upper Big Tracadie

La tragédie d'Upper Big Tracadie

1er février 2017

L'honorable Jane Cordy : Honorables sénateurs, la population d'Upper Big Tracadie, en Nouvelle-Écosse, continue de pleurer la famille Desmond, dont les membres ont perdu la vie dans une tragédie impensable le 3 janvier 2017. La GRC a confirmé que le soldat à la retraite Lionel Desmond a abattu son épouse, Shanna Desmond, leur fille, Aaliyah, âgée de 10 ans, et sa mère, Brenda Desmond, avant de se suicider.

Shanna Desmond n'avait que 31 ans et elle avait récemment obtenu son diplôme d'études en soins infirmiers à l'Université St. Francis Xavier. Elle venait tout juste d'amorcer sa carrière d'infirmière à Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Aux dires de tous, Aaliyah était une fillette de 10 ans typique, active et heureuse qui aimait faire de l'équitation, patiner et chanter. Elle rêvait de devenir vétérinaire.

L'effusion d'amour des parents et voisins nous a appris que la famille Desmond était très proche. Toutefois, honorables sénateurs, ce qu'on a dissimulé à nombre de ces parents et voisins, c'est la souffrance qui afflige trop de nos militaires à leur retour du combat. Lionel Desmond avait reçu un diagnostic de trouble de stress post- traumatique après deux périodes d'affectation en Afghanistan, trouble pour lequel il aurait été traité.

Honorables sénateurs, comme nous le savons, vivre avec un trouble de stress post-traumatique est souvent le combat de toute une vie. Nous avons appris de parents et d'amis proches que la famille avait du mal à composer avec le trouble de stress post- traumatique de M. Desmond.

Nous ne saurons peut-être jamais dans quelle mesure le trouble de stress post-traumatique a joué un rôle dans cette tragédie, mais beaucoup de gens estiment qu'il a probablement été un facteur majeur. Les événements de cette horrible journée ont ranimé le dialogue sur le trouble de stress post-traumatique au Canada, en particulier en ce qui concerne les militaires.

Malheureusement, à l'ère de l'information en continu, il arrive bien trop souvent que des histoires vécues comme celles-ci soient rapidement oubliées.

Roméo Dallaire, dans son dernier discours au Sénat, le 16 juin 2014, a parlé avec passion des responsabilités du Canada en vue de négocier la paix pour résoudre certains des pires conflits du monde. Il a conclu son discours en disant ce qui suit :

Toutefois, notre responsabilité ne prend pas fin en même temps que nos missions à l'étranger. En effet, nous avons des obligations ici aussi, que nous devons remplir au maximum. Si le Canada devait envoyer des soldats et d'autre personnel en zones de conflits, notamment en République centrafricaine, nous devrions absolument nous assurer de bien nous occuper d'eux et de leur famille à leur retour, car on ne revient pas indemne de ces conflits. Il faut s'occuper non seulement des blessures physiques, mais aussi des blessures psychologiques, qui peuvent persister et avoir des conséquences mortelles. Le trouble de stress post-traumatique peut être mortel.

Honorables sénateurs, il est de notre devoir de veiller à ce que la conversation ne s'arrête pas. Nous devons prendre soin des Canadiens qui servent notre pays, qui protègent nos droits, nos libertés et nos vies, chez nous et dans certains des endroits les plus dangereux de la planète.

Honorables sénateurs, nous le devons bien aux membres de l'armée, aux policiers, aux premiers intervenants et, bien sûr, à leurs familles.